Projets transversaux
Projets transversaux fédérateurs des projets scientifiques
Le croisement entre les 7 projets décrits ci-dessus et leurs priorités a permis, durant l'année 2006, de définir des projets fédérateurs transversaux qui rassemblent les éléments majeurs de ces projets, de dégager les spécificités rhône-alpines et d'associer d'une manière compétitive les atouts industriels qui s'inscrivent dans leurs axes de développement. Ces axes fédérateurs transversaux ont été identifiés et définis par le Comité de Programme où s'associe le monde industriel concerné et le monde associatif intéressé par le vieillissement et le handicap en liaison avec les neurosciences.
1) Vers la mise en œuvre d'un « Assistant Santé Interactif » (ASI) (ou, en langue anglaise, « Health Positioning System » (HPS))
L'objectif poursuivi est de pourvoir permettre aux personnes fragiles, en particulier âgées, à celles porteuses d'un handicap (physique ou psychique), qu'il soit ou non issu d'une maladie intéressant les neurosciences, de rester chez elle aussi longtemps que possible dans des bonnes conditions de sécurité, afin de permettre une bonne insertion dans l'environnement personnel ou social et faciliter, outre la réhabilitation fonctionnelle, de la personne, son autonomie véritable. Pour ce faire, les compétences et technologies développées au sein des équipes et des partenaires de la région Rhône-Alpes qui appartiennent à la communauté du cluster 11 seront rassemblées et mises à profit :
- pour permettre le recueil des données et paramètres indispensables au suivi de la personne, en fonction de sa situation propre et de les intégrer sur un outil léger, mobile et déplaçable (= l'Assistant Santé),
- en évitant ainsi l'incorporation physique des outils au sein de l'habitat figé de la personne,
- en étant capable de mobilité pour suivre la personne dans ses déplacements ou d'être aisément transférable à une autre sans équipement nouveau et sans adaptation onéreuse de son habitat
- en allégeant la procédure de surveillance pour éviter un recueil permanent de données nécessitant un suivi constant par une équipe médicale ou paramédicale et sa mobilisation systématique
- en offrant la capacité à cet Assistant Santé (= Assistant Personnel type PDA ou mini robot mobile) de recueillir les données, de traiter l'information en permanence en les stockant, tout en disposant d'un outil d'aide à la décision (logiciel) capable de déclencher une alerte en cas de sortie des paramètres mesurés de leur marge de confiance
- en permettant à l'Assistant Santé d'agir en cas d'alerte : cette alerte doit pouvoir s'adresser d'abord à la personne elle-même et pouvoir communiquer adéquatement avec elle (d'où la notion d'interactivité), sous la forme la plus adaptée aux relations avec cette personne et sa typologie (Interface Homme Machine adapté à la personne âgée ou handicapée ou malade),
- en veillant à ce que cet Assistant Santé soit accepté psychologiquement et socialement par la personne concernée, avec une étape de formation aussi simple que possible. Puis, si la réaction de la personne n'est pas obtenue, l'Assistant Santé Interactif doit pouvoir se connecter grâce aux moyens de communication habituels (téléphone, internet) pour alerter les cibles préalablement définies (famille, personnel de surveillance paramédical et/ou médical) en leur transmettant toutes les informations nécessaires à la prise de décision et aux réponses appropriées.
Ce type de projet mobilise des actions prioritaires des projets 1, 3, 4, 5, 6, voire 7, directement intéressés par l'autonomie de la personne âgée ou handicapée voire malade. Il met aussi en avant des interactions potentielles avec les clusters 1 (microélectronique et nanotechnologies), 2 (informatique, signal, logiciels embarqués et STIC santé), 12 (dynamiques sociales et territoriales) et 14 (enjeux et représentations de la science, de la technologie et de leurs usages). Ce type de projet met aussi en avant un certain nombre de partenaires, comme le CEA-LETI pour la composante capteurs en particulier, l'INRIA pour la composante robotique mobile et le CNRS avec la composante logiciels, l'ensemble des Sciences Humaines et Sociales et les sciences de la communication. En parallèle certaines « pharmas » sont intéressées, comme Roche Diagnostics qui a développé et mis au point un outil de suivi de la glycémie des diabétiques afin de contrôler le niveau thérapeutique constant des administrations d'antidiabétiques à doses ajustables rétrocontrôlées et qui se propose d'intégrer son dispositif à l'ASI dans le cas de tels patients en ambulatoire. Ceci permet aussi d'y associer Becton Dickinson France et son matériel stérile et jetable destiné à la délivrance harmonieuse d'agents thérapeutiques.
D'autres partenaires industriels ou de R & D sont partie prenante dans telle ou telle étape de la mise en œuvre de l'ASI. Le CEA-LETI se propose de développer des capteurs portés par la personne, de façon non intrusive et non marquante, qui transmettront par lien radio ces informations à une station relais, l'Assistant Santé Interactif, située dans le domicile et qui les analysera. Cette station pourra dans un premier temps alerter la personne en cas de problème (pas exemple sur la télévision ), ou bien, si nécessaire, envoyer un message à un centre de suivi, un proche ou un médecin. Le premier capteur envisagé est un capteur de mouvement et d'activité car l'activité est un reflet très intéressant et général de l'état de santé d'une personne : c'est donc un très bon indice de prévention. Une action a démarré dans ce sens avec le projet Actidom et France Télécom R&D, le CEA-LETI, le laboratoire TIMC (UJF-INPG, CNRS), le LI2G (CHU-Grenoble) et Teamlog. Elle s'est poursuivie par le montage de la proposition Care@Home dans le pôle de compétitivité Minalogic.
2) Diagnostic précoce des maladies liées au vieillissement en particulier des maladies neuro-dégénératives
Mené en liaison étroite avec Biomérieux, il repose sur l'association de l'imagerie médicale et du diagnostic in vitro dans le domaine des maladies neurologiques et plus particulièrement celui des démences séniles. Cette étude permettra la mise à disposition d'un test de diagnostic in vitro, de faible coût, permettant le screening sanguin de masse des populations âgées. Les patients trouvés positifs avec ce test pourront être considérés comme présentant un risque potentiel, devenant ainsi éligible pour un test de confirmation basé le plus probablement sur l'imagerie médicale. Certains dépistages des sujets à risque pourront être issus des personnes évaluées sur le plan des fonctions cognitives et/ou psychiques, voire sur des déficits touchant à la sphère neuro-sensorielle (comme l'audition, la vision, le langage ou la lecture et la parole).
Pour cette technologie de nouveaux protocoles pourront être identifiés sur des modèles animaux avant d'être utilisés chez l'homme. Les technologies utilisées pourront être de type PET-Scan avec de nouveaux traceurs ciblant des changements pathologiques précoces ou des applications IRM particulières. Ces approches pour lesquelles la synergie diagnostic in vitro et imagerie sont évidentes.
La pertinence clinique d'un diagnostic combiné (IVD/Imagerie) pourra être validée chez l'homme via un réseau de cliniciens (France, Suisse, Italie, plus un réseau européen financé par la CEE (programme FP6) que Biomérieux a mis en place et qui pourra être impliqué dans la validation de ces nouvelles technologies adaptées aux plateformes existantes.
Ce projet consiste donc à définir des tests diagnostic permettant de prédire le risque ou détecter, au stade pré clinique, le développement des maladies neurodégénératives chez les populations âgées. Il permettra également de faire le diagnostic pré clinique de la maladie d'Alzheimer et de la différencier des autres démences séniles.
Le premier objectif est de mettre au point un panel de bio marqueurs prédictifs utilisables en routine, utilisant notamment le sang comme échantillon.
Dans une première étape, la phase clinique sera étudiée afin de valider les marqueurs d'intérêt ; des échantillons provenant de patients malades et de patients sains sont nécessaires et seront collectés grâce à un réseau clinique mis en place dans la région Rhône Alpes, mais également en dehors d'elle, afin d'obtenir la masse critique nécessaire à une telle étude.
Plusieurs types de biomarqueurs seront évalués, chacun adressant différents types de tissus impliqués dans le process pathologique : neuronaux, gliaux, vasculaires, immunité innée ou acquise, ainsi que quelques autres sélectionnés après des études différentielles en protéomique.
Dans une seconde étape, après validation sur des cas cliniques, ces marqueurs seront optimisés et évalués pour leur potentielle utilisation dans des cas précliniques, voire comme marqueurs de risque. Une nouvelle fois l'accès à des échantillons est une étape critique : échantillons de patients sains mais également de population âgée permettant d'atteindre une probabilité suffisante d'incidence de la maladie par le nombre et durant la période d'étude.
Enfin, un véritable challenge sera de déterminer si une sélection de ces marqueurs permet de différencier les personnes dites « fragiles » de celles appelées « robustes ». Ce serait alors une chance unique de prédire de manière très précoce les possibles dérives pathologiques du processus de vieillissement, ouvrir la possibilité d'actions thérapeutiques précoces et éventuellement d'empêcher le déclenchement de ces pathologies.
Ce
type de projet mobilise des actions prioritaires des projets 1, 3, 4, 5
et 7, qui développent des approches multiples orientées vers le
diagnostic précoce des maladies liées à l'âge en vue d'outils de
prévention, voire de moyens thérapeutiques directement guidés par la
typologie des classes de malades ainsi précocement diagnostiqués. La
Maladie d'Alzheimer et autres démences pré séniles et séniles, en
raison de sa fréquence, voire, avec elles la maladie de Parkinson et
autres pathologies du mouvement, sont ici au devant de la scène. Ceci
ouvre, à partir du raffinement diagnostique ainsi mis en œuvre, y
compris au plan du diagnostic moléculaire où Biomérieux a des
développements majeurs en Rhône-Alpes, à côté de Roche Diagnostics et
de ses besoins propres, la perspective d'actions vers des thérapeutiques de prévention voire d'une véritable médecine personnalisée.
3) La médecine réparatrice et les biomatériaux
En interaction avec le cluster Matériaux (cluster 3) et chimie (pour la santé) (cluster 5),
le projet 5 du cluster 11 compte développer de nouveaux outils et
procédés pour réparer les tissus endommagés ou suppléer
fonctionnellement à leurs déficiences voire à leur destruction, grâce
notamment à des matériaux fonctionnalisés, que ce soit dans le domaine
du tissu nerveux (y compris l'œil, la rétine et la cornée, voire l'audition et l'oreille) ou du tissu conjonctif.
Le projet visera à rapprocher ces 3 clusters en vue de tels
développements biologiques à l'interface de la chimie et du vivant en
vue d'une ingénierie tissulaire adaptée. Les compétences en
Rhône-Alpes, réparties entre ces 3 clusters (3, 5 et 11), sont
indéniables et doivent être mises en synergie grâce à ce projet
transversal inter-clusters.
